L'offre africaine en emballages

Fournisseurs d'emballages et matériels de conditionnement

© Bulletin du Réseau TPA n°16 - Mars 1999

Après la demande en emballages, qu'en est-il de l'offre ? Les entrepreneurs sont confrontés à la forte concentration des industries locales d'emballages, avec un quasi monopole des fabricants de papier-carton et métal, et à une quasi absence d'industrie du verre. Mais il ne faut pas oublier la multitude d'opérateurs qui assurent une bonne part de l'offre en emballages : collecteurs, recycleurs, réutilisateurs, revendeurs... Continuons le tour d'horizon.

Les entreprises fabriquant des emballages alimentaires sont situées essentiellement en Côte d'Ivoire, au Cameroun et au Nigeria. Nous présentons ici les grandes familles de matériaux (verre, papier-carton, métal et plastique). Mais connaître les emballages offerts ne suffit pas ; il faut aussi prendre en compte les intervenants dans les circuits de distribution et les fabricants d'équipements de conditionnement.

En général, les fabricants d'emballages importent leurs matières premières, ainsi que leurs machines. Le plastique domine partout : c'est le matériau le plus accessible financièrement et sa transformation ne nécessite pas de technologie très complexe, surtout pour les plastiques souples.

Verre : surtout de la récupération

Que ce soit au Bénin, en Côte d'Ivoire ou au Sénégal , il n'y a aucune unité de production d'emballages verres, ni aucun revendeur ou représentant de verrier. Des verreries sont présentes au Cameroun, au Ghana et au Nigeria. En revanche, l'offre locale en verre de récupération est très importante. Bouteilles, pots, bocaux, flacons, etc., servent pour le conditionnement des graines de bouche, des confitures, des jus de fruits et bien d'autres produits. La collecte et la revente de ces emballages de récupération constitue une activité à part entière ; cette offre en verre récupéré peut provenir aussi des industries de boissons elles-mêmes quand elles désirent écouler certains de leurs stocks.

Boîtes et fûts en métal

On trouve des fabricants d'emballages métalliques au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Nigeria. Les boîtes en métal (boîte de conserve pour jus, sirop de fruits, poisson, etc.) sont fabriquées à Abidjan et à Dakar par la société Carnaud Metal Box, à partir de feuilles de métal en bobines. Ce fabricant réalise également l'impression des boîtes avec une qualité équivalente aux standards européens. Dans les deux pays, les entreprises sont implantées près de leurs principaux clients (conserveries).

La technologie de fabrication est simple pour la boîte standard, mais assez complexe pour les systèmes à ouverture facile. La production de boîtes de conserve nécessite des investissements moyens (machines mais aussi stock de feuilles de métal). La fabrication de fûts métalliques (généralement de 204 litres) est assurée au Sénégal et en Côte d'Ivoire par diverses sociétés. La technique de fabrication de ces fûts étant relativement simple, plusieurs opérateurs sont présents sur ce marché. Les capsules de bouchage ne sont pas fabriquées dans ces pays. Une offre en capsules couronne existe au Ghana, Togo, Nigeria et en Côte d'Ivoire ; quant aux capsules twist-off, elles sont fournies sur le marché de la récupération.

La technologie de production d'une capsule est assez simple pour la partie métallique (emboutissage), mais chaque capsule doit être équipée d'un joint qui assure l'étanchéité finale de l'emballage. Le choix du joint donne à la capsule ses caractéristiques et sa qualité (résistance aux produits acides, étanchéité des produits gazeux…). La pose de celui-ci est assez complexe et dans les trois pays, aucun opérateur ne maîtrise ce savoir-faire.

Papier et carton : une offre présente

Il est nécessaire de différencier le carton ondulé, le cartonnage (carton plat), le papier pour emballage et les sachets.

De nombreuses cartonneries sont présentes en Côte d'Ivoire (Sonaco et Embaci), au Burkina Faso (Sonaceb, filiale de Sonaco), au Sénégal (La Rochette et Cartonnages de Dakar) et surtout au Cameroun (Plasticam, Metropolitan Plastic Ltd, etc.). La matière première papier est importée en bobines ; elle est traitée sur des " trains onduleurs " nécessitant d'importants investissements (de 20 à 30 millions de francs français chacun). De ce fait, les entreprises concernées font souvent partie de grands groupes spécialisés. Ces cartons ont pour destination principale l'emballage des produits d'exportation (fruits et légumes, conserves et produits d'épicerie). Au Bénin, il existe seulement une offre en cartons de récupération.

L'offre locale en carton plat concerne les boîtes en carton d'emballage et les étiquettes imprimées, fabriquées en général par les imprimeries et les papeteries de la place à partir de papier et carton plat importés. L'activité sacherie est bien développée en Côte d'Ivoire et au Sénégal pour les besoins des cimenteries, minoteries et unités de production d'aliments du bétail. Elle est inexistante au Bénin. Ces sacs pa-pier font l'objet d'une réutilisation systématique pour les besoins d'emballage sur les marchés populaires.

Le plastique souple, une offre bien fournie

De nombreux ateliers de production de films plastiques souples (essentiellement en polyéthylène basse ou haute densité) fonctionnent : une quinzaine en Côte d'Ivoire, de cinq à dix au Sénégal et trois au Bénin. Les équipements sont constitués d'une extrudeuse suivie d'un banc d'expansion et de tirage. La fabrication de sachets plastiques ne nécessite pas un investissement financier important, ce d'autant que ce matériel, très robuste, peut se trouver en occasion de très bonne qualité en Europe. Si on complète cet investissement d'une soudeuse simple, on peut facilement mettre sur le marché des sacs ou sachets d'emballage de qualité correcte. La matière première, de simples granulés, est achetée auprès de l'industrie pétrochimique.

Ainsi, le peu d'exigence en ter-mes de savoir-faire technologique et d'investissement a favorisé le développement d'unités de production de plastiques souples, qui sont devenus l'emballage de référence pour le conditionnement des produits alimentaires. Les films souples complexes (multicouches plastiques/aluminium/carton) ne sont pas fabri- qués localement.

De nombreux emballages en plastique rigide

Les films plastiques servant à réaliser les bouteilles, pots ou bouchages sont produits dans la sous-région, à partir de trois types de matériaux : le polyéthylène (PE, bouteilles et bidons essentiellement), le polychlorure de vinyle (PVC, bouteilles d'huile par exemple) et le polystyrène, pour les pots de yaourts entre autres.

Les industries productrices sont relativement nombreuses en Côte d'Ivoire, Allpack-Sisep y étant de loin la plus importante. Cette activité est assez bien représentée au Sénégal, du fait de l'utilisation des flaconnages par les sociétés cosmétiques. Les producteurs d'eau embouteillée et d'huile (en Côte d'Ivoire et au Sénégal) ont généralement intégré la production d'emballages rigides à leurs lignes de fabrication.

Au Bénin, deux entreprises sont implantées depuis longtemps : Overseas, par sa filiale Possotomé, fabrique ses bouteilles pour eau de source et Faconjet fabrique des pots de yaourts à partir de feuilles de polystyrène extrudé.

Textiles tissés en plastique pour produits en vrac

Il faut également mentionner la fabrication de sacs en fils de polypropylène (PP) tressés pour le conditionnement des graines (café, cacao, arachides), farines et autres produits en vrac. Cette production est particulièrement importante en Côte d'Ivoire, pour approvisionner les sociétés exportatrices de café et cacao, mais surtout au Nigeria, qui est l'un des plus gros producteurs de ce matériau dans la sous-région. La technologie de production des sacs tissés étant plus complexe que celle des sacs et sachets souples en polyéthylène, ces industries sont d'une taille assez importante et peuvent appartenir à de grands groupes internationaux.

Les emballages végétaux et bois perdurent

Les sacs en jute et en sisal sont fabriqués industriellement au Sénégal et en Côte d'Ivoire pour conditionner les produits d'exportation mais le jute est concurrencé par le polypropylène. On retrouve les mêmes opérateurs qu'au niveau de la fabrication de sacs en polypropylène tressé, soit Cofisac à Dakar et Filtisac à Abidjan. Toujours en Côte d'Ivoire, à Bouaké, Ivoirembal-Cotoa est spécialisée dans les sacs en sisal.

Une offre artisanale en emballages végétaux existe notamment au Bénin, en Côte d'Ivoire , au Cameroun, au Congo ou au Nigeria. Ce sont les feuilles de certains végétaux qui servent à emballer des produits frais (riz, manioc, poisson...) ou transformés (chikwangue au Congo, etc.), pour les marchés et la restauration de rue, et les paniers en feuilles et fibres végétales tressées pour le transport des produits.

Si l'offre en emballages bois est pratiquement inexistante, surtout au Sénégal où la matière première se raréfie, on trouve toutefois une production artisanale d'emballages de transport (casiers, caissettes…) par des menuisiers de la place. Ces emballages sont remplacés progressivement par des casiers ou caisses en plastique rigide.

Vente par les fabricants ou revente par des intermédiaires

Les sacs plastiques souples ou tissés sont distribués par les fabricants directement auprès de leurs clients importants et vendus également aux opérateurs spécialisés dans la revente de ce type d'emballage. Pour ce qui est des autres emballages, ils sont généralement commercialisés par les entreprises productrices, directement à l'usine ou par le biais de bureaux de vente au détail.

Mais la distribution d'emballages est également assurée par deux types d'opérateurs spécialisés :

Perspectives d'avenir

L'importance de l'offre d'emballages semble liée à la présence de grosses unités de transformation tournées vers l'export. En dehors des produits d'exportation, les marchés locaux sont trop étroits pour permettre l'implantation d'unités de fabrication d'emballages économiquement viables, sauf peut-être pour le plastique dont la production peut être abordée à une échelle plus réduite. L'évolution des contraintes douanières peut permettre d'envisager à moyen ou long terme une intégration de la dimension régionale pour la fabrication de ces emballages. En outre, la prise en compte croissante de la dimension marketing et personnalisation fait évoluer la conception des emballages, aussi bien pour les exportations que pour le marché intérieur, de plus en plus sensible à la présentation des produits.

Ces perspectives, combinées aux stratégies des petites et moyennes entreprises agroalimentaires, de-vraient avoir des répercussions sur l'offre locale en emballages.

Yvonnick Huet et Christophe Papin, Agrisud International.
Pierre Sicard, dirigeant de l'industrie de l'emballage.

 

TROIS FABRICANTS D'EMBALLAGES PLASTIQUES AU BENIN

Sip, Société industrielle de plastiques
La Sip possède une ligne d'extrusion-soufflage de faible débit (75 kg/h) et une machine à produire des sacs Arvor. Elle emploie sept personnes à temps plein. L'unité a démarré en 1977, s'est arrêtée en 1979 et a redémarré en 1986 avec, comme principal client, l'administration pour la fourniture de sacs en polyéthylène noir pour pépinières. La société est aujourd'hui privée et son gérant est le seul cadre de l'entreprise. Auparavant, l'approvisionnement en granulés de PEBD se faisait en Europe ; maintenant, la Sip les achète en petites quantités à un revendeur du Nigeria.

TPI, Techno plaste industrie
Créée en 1991, cette unité est équipée de deux extrudeuses, une pour le PEBD, l'autre pour le PEHD, et de plusieurs soudeuses à sachets. Le gérant a travaillé de nombreuses années en France avant de revenir créer son entreprise au Bénin. Les granulés sont achetés par container, au cours international, en Belgique au travers d'un représentant installé en Côte d'Ivoire.

PSF, Plastiques sachet factory
Cette unité serait capable de produire jusqu'à dix tonnes par jour, avec une extrudeuse en provenance du Nigeria. L'impression est possible pour de grosses quantités.

 

LES MACHINES DE CONDITIONNEMENT

Les fournisseurs locaux de matériels de conditionnement sont très rares dans la sous-région.
En Gambie, la société Jengs Electrical fabrique et vend dans les pays alentours des machines de conditionnement pour liquides alimentaires. Ce sont des remplisseuses-thermoscelleuses pour sachets plastiques pré-formés, de petite capacité.
Au Sénégal, Microdoses technologies fabrique des machines de type ensacheuses verticales pour produits en vrac. Cet équipement permet de conditionner en doses unitaires de faible grammage ou " microdoses " divers produits (poudre, liquide ou solide). Un effort important a été fait pour s'adapter aux spécificités des entreprises locales : limitation des pièces électroniques, petits débits (30 à 40 sachets par minute, cadences largement inférieures à celles des dernières machines fabriquées en Europe - 130 à 200 sachets /mn) et service de maintenance pouvant intervenir rapidement sur le site de l'entreprise. Toujours au Sénégal, on trouve des soudeuses de sachets plastiques fabriquées artisanalement (notamment dans le cadre du Programme de promotion des céréales locales - PPCL).
L'offre en matériel d'importation est aussi présente. Les équipementiers, essentiellement européens, démarchent régulièrement les entreprises du secteur industriel ou intermédiaire pour leur proposer de nouveaux matériels de transformation et de conditionnement de produits alimentaires.


© Bulletin du Réseau TPA n°16 - Mars 1999


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